Historique

Le château

Au fur et à mesure des restaurations, cette maison de maître à l'histoire mouvementée dévoile des trésors artistiques qui font les délices des connaisseurs. Des recherches ont été effectuée par Valentine Chaudet (pour la période du 15ème au 17ème siècle) et par Catherine Schmutz Nicod (pour la période du 18ème au 20ème siècle).

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La première partie du XVIIème siècle, voit l'installation de plusieurs notables bernois dans le Pays de Vaud.

Suite à la victoire sur la Savoie, ces hommes rachètent des terres ou des biens immobiliers aux seigneurs vaincus.

En 1630, la famille Manuel qui appartient à la bourgeoisie patricienne de la cité des ours, malgré son patronyme latin, fait édifier une grande demeure à Valeyres-sous-Rances. De style typique bernois, le manoir arbore les initiales d'un maître-maçon accolées à la date de construction.

Situées sur la porte d'entrée, les lettres AS attestent sans doute du travail effectué par Albrecht Schmid qui travaillait en ce temps-là à Yverdon ainsi qu'à Baulmes.

Une centaine d'années après son édification, le château change de mains. Il est transmis par héritage aux barons de Bonstetten. Ces nobles figurent parmi les Bernois les plus influents de l'époque.

Deux membres de la famille jouent un rôle important pour le canton de Vaud.

Le premier, Charles-Victor de Bonstetten (1745-1832), occupe la charge de bailli de Nyon de 1787 jusqu'en 1793. Influencé par la philosophie des Lumières, il s'attire les sympathies de ses sujets tout comme la réprobation de la hiérarchie bernoise. Ecrivain et philosophe, il a notamment rédigé "Recherches sur les facultés de sentir et de penser et L'Homme de Midi ou l'Homme du Nord ou l'Influence des climats".

L'indépendance vaudoise le contraint à s'exiler au Danemark. Toutefois, il ne doit pas abandonner ses biens, à l'exemple du Château de Valeyres qui demeure occupé par sa femme et son fils.

Ce dernier, prénommé Charles-David, fait de grosses transformations. Il arrache les vignes attenantes à la maison pour les remplacer par un jardin romantique. Ce parc inspiré de la Nouvelle Héloïse comprend plusieurs bassins reliés entre eux par des ruisseaux, une orangeraie, des bosquets d'ifs et une chaumière.

Aujourd'hui tout a disparu à l'exception de deux grands arbres, un tilleul et un séquoia, qui abritent la dernière demeure de la femme de Charles-Victor.

Aux alentours de 1820, la façade sud est transformée de fond en comble. La nouvelle structure s'inspire de la mode néo-classique en vogue à Genève où résident à l'année les Bonstetten. Une grande loggia et des colonnades donnent un air italien à la vieille maison bernoise. Des aménagements intérieurs ont lieu à la même époque. Ils conduisent à la création d'un magnifique salon ovale ainsi que d'une bibliothèque.

Malgré ces travaux, la résidence reste inhabitée pendant la plus grande partie de l'année. Elle sert de maison d'été et ferme ses volets après la période des vendanges.

Après Charles-Victor, le second grand homme de la famille est Gustave, le fils de Charles-David. Archéologue émérite, il conduit de nombreuses fouilles en Suisse romande. Son zèle lui permet d'exhumer les splendides mosaïques romaines d'Orbe. Etonnamment, lui qui découvre ces oeuvres antiques, manque de mettre à jour les étonnantes peintures qui tapissent le château.

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Les peintures du château

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Un tableau de Albrecht Kauw, de 1678. (Musée historique de Berne)

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